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L'allaitement maternel, fabuleux et mystérieux !

Vous saviez peut-être déjà que le lait maternel est le seul lait qui corresponde totalement aux besoins de votre enfant et que l’allaitement présente de nombreux bienfaits pour votre bébé. L’OMS recommande un allaitement maternel ‘exclusif’ (comprenez sans introduction d’eau, de tisanes, de jus ou de lait infantile) jusqu’au 6 mois de l’enfant puis idéalement jusqu’à 2 ans en parallèle d’une alimentation diversifiée (j’en vois déjà certaines sauter au plafond :D).


L’allaitement est aussi fabuleux que mystérieux et il n’a pas fini de nous révéler tous ses secrets ! Par le biais de cet article, j’ai souhaité partager avec vous certaines informations qui me semblaient particulièrement intéressantes et assez peu connues du grand public.


Bonne lecture !




1. Des bienfaits pour le bébé… et la maman !


L'allaitement à de nombreuses vertus pour le bébé, oui, mais pas seulement ! Il présente également des bienfaits non négligeables pour la santé de la maman. Alors, quels sont-ils ?


Pour le bébé :

  • Réduction des infections gastro-intestinales, ORL, des entérocolites nécrosantes et réduction du risque de mort subite du nourrisson (MIN)

  • Réduction des risques d’asthme et de rhinites allergiques

  • Réduction des risques de développer un surpoids et/ou un diabète plus tard dans la vie. Quotient intellectuel plus élevé de l’enfant


Pour la mère :

  • Impact sur la durée de l’aménorrhée (= absence de règles), réduction des infections du post-partum, de l’hémorragie du post-partum, de cancer du sein

  • Réduction des risques du cancer ovarien

  • Réduction des risques de diabète. Bienfaits sur la perte de poids


NB : Les bienfaits sont classés ci-dessus par niveau de preuves scientifiques élevé/moyen/faible. Par ailleurs, il s’agit là d’une réduction des risques seulement. Si vous allaitez ou avez allaité tous vos enfants, cela ne signifie malheureusement pas que vous ne serez jamais touché par le cancer ou le diabète.



2. La France, la plus mauvaise élève en termes d’allaitement


Il est intéressant de noter que le taux moyen d’initiation de l’allaitement (mise au sein dès les premières heures de vie) est de 80% en Europe. Or, la France est loin derrière avec un taux de seulement 69%.


A 6 mois de vie du bébé, le taux d’allaitement exclusif est de 80% dans les pays en développement et de 40% dans les pays développés (on peut facilement comprendre les raisons socio-économiques derrière cela). C’est une moyenne… En effet, ce taux atteint 82% en Suède contre seulement 23%... en France. Ce taux est le plus bas d’Europe.


Malheureusement, en France, beaucoup de femmes abandonnent l’allaitement très rapidement après la sortie de la maternité. Pourquoi ? Les quelques visites de la sage-femme à domicile ne seraient pas suffisantes pour aider les mamans à surmonter les difficultés rencontrées et il y a, globalement, un manque de suivi de la part des professionnels de santé qui ne mettent pas toujours l’allaitement au cœur de leurs priorités. Bien que ‘naturel’, l’allaitement n’est pas forcément évident à mettre en place et nécessite une attention particulière les premières semaines.


Si on considère que l’allaitement maternel est un sujet de santé public (et il l’est), il est dommage que nos organisations n'y accordent que si peu d’importance et de moyens… Pour mettre toutes les chances de votre côté, je vous conseille vivement de bien vous entourer. N’hésitez pas à vous rapprocher de La Leche League, d’une consultante à lactation certifiée IBCLC, d’une sage-femme particulièrement sensible au sujet ou encore d’un médecin de famille, d’un pharmacien, d’un pédiatre ou… d’une doula 😊



3. Le lait maternel est un lait spécifique d’espèce


Chez les mammifères, chaque espèce dispose d’un lait maternel spécifique et parfaitement adapté aux besoins nutritifs de leur petit. Tout comme le lait de vache correspond parfaitement au petit veau, le lait de chèvre au petit chevreau, chez les humains, le lait maternel correspond parfaitement aux besoins nutritionnels du bébé.


Le lait de la mère est proche génétiquement à 50% de l’enfant. Il contient des protéines spécifiques (des caséines humaines) qui sont beaucoup plus digestes pour le bébé que les caséines du lait des autres mammifères (comme les caséines bovines par exemple…).


Et cela va encore plus loin car le lait maternel est spécifique à chaque femme et varie perpétuellement pour s’adapter aux besoins du nourrisson ! Il est différent selon l’âge de l’enfant et varie au cours de la journée, de la tétée et même en fonction de l’environnement dans lequel se trouvent la maman et le bébé à un instant T. Incroyable, non ?


Et de quoi est composé le lait ?

  • 88% d’eau

  • 7% de glucides (oligosaccharides, lactose)

  • 4% de lipides

  • Et très peu de protéines

Il contient les vitamines et minéraux indispensables au bébé.


4. L’alimentation de la maman joue un grand rôle dans la composition du lait !


Les lipides représentent 50% des calories du lait maternel. Ils jouent un rôle énergétique et structurel pour le cerveau de l’enfant. Et le taux de lipides présent dans le lait maternel dépend fortement de l’alimentation de la maman. J’ai eu l’occasion de vous parler de l’importance des acides gras polyinsaturés à longue chaîne (Oméga 3) pour le développement neurosensoriel du bébé. Par exemple, saviez-vous que le DHA représente 50% des acides gras de la rétine de votre enfant ?


Pour cette raison, il est très fortement recommandé de consommer au moins 170g de poisson gras deux fois par semaine (maquereaux, sardines) ou de vous supplémenter si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas en manger.


Par ailleurs, les études montreraient que l’alimentation journalière idéale de la mère qui allaite devrait se composer de :

  • 70g de protéines

  • 90g de lipides

  • 260g de glucides complexes

Soit 2300 calories par jour ! Et oui, votre organisme consomme entre 500 et 600 calories pour fabriquer 800ml de lait...



5. Le lait maternel n’est naturellement pas stérile !


Au contraire, le lait maternel contient de nombreuses bactéries qui se transmettent de la mère au bébé. Certaines sont des bactéries probiotiques qui jouent un rôle essentiel dans la constitution de la flore intestinale et donc du système immunitaire du bébé. Mais le lait peut également contenir des bactéries pathogènes (staphylocoques, entérobactéries, E-coli etc.) qui peuvent donner lieu à des infections. Mais pour contrebalancer ces dernières - puisque la Nature a tout prévu - le lait possède un pouvoir bactéricide ! Pas d’inquiétude à avoir donc car la plupart des bébés ingèrent des bactéries sans pour autant déclarer une infection !


Bon à savoir : le lait conserve son activité bactéricide pendant 48h si on le conserve au réfrigérateur.



6. Attention à la pollution ambiante


Notre organisme est très sensible aux polluants qui se trouvent dans notre environnement. De nos jours, il nous est devenu impossible de les éviter et ces polluants se retrouvent malheureusement dans le lait. Il s’agit, entre autres, des pesticides, des plastifiants, des retardateurs de flamme (textiles), des produits d’hygiène (attention aussi à certaines huiles essentielles), des métaux lourds.


Si nous ne pouvons totalement les éviter, nous pouvons au moins les limiter. De quelles façons ? En consommant des produits bios autant que possible, en achetant des produits ménagers non toxiques, en aérant deux fois par jour notre intérieur, en évitant les bougies et autres parfums d’ambiance etc. Un autre polluant très courant : le tabac ! Et cela est valable aussi pour les fumeurs passifs.


Il est donc important d'avoir les bons gestes et de prendre de bonnes habitudes dès la préconception (lorsque cela est possible).



7. Toutes les femmes peuvent allaiter (ou presque)


Peu importe la taille de vos seins, la forme de vos mamelons, que vous ayez des tétons ombiliqués ou non… En cas de soucis, il existe des solutions ! Par ailleurs, les opérations chirurgicales (augmentation/réduction mammaires) ne constituent pas une contre-indication à l'allaitement et, sauf exception, ces interventions n’impactent pas la capacité de production de la glande mammaire. Pour les mamans porteuses de prothèses, soyez rassurées, le silicone ne se retrouve pas dans le lait !


L’une des inquiétudes les plus fréquentes des femmes est celle de ne pas avoir assez de lait pour cause de petits seins. Et bien, sachez qu'avoir de gros seins n’est pas forcément synonyme d’une forte production de lait, et inversement.


Ce qui fera la différence, c’est votre capacité de stockage du lait dans les glandes mammaires mais cela n’a aucun rapport avec la taille de vos seins. En effet, la capacité de stockage du lait varie d’une femme à l’autre et peut aller de 80 à 600 ml ! Et cela varie aussi d’un sein à l’autre. Si votre capacité de stockage est élevée, vous pourrez donner beaucoup de lait à votre bébé en une seule fois. Si elle est faible, votre bébé tétera alors plus souvent. Tout simplement.


8. Les premières heures de vie sont fondamentales


Pendant la grossesse, les seins se modifient progressivement pour permettre la production du lait. Plus on accouche proche du terme et plus nos seins sont prêts ! Pendant la grossesse, les hormones placentaires bloquent la fabrication du lait. Dès l’expulsion du placenta, la production se met en route. Pour garantir un bon démarrage de l’allaitement, les premières heures de vie sont primordiales.


Alors, comment mettre toutes les chances de son côté ?

  • Mettre le bébé en peau à peau tout de suite après la naissance (ou dès que possible en cas de césarienne). L’observation du bébé par le corps médical peut se faire sur le ventre de la mère (préférablement inclinée à 45°, le visage du bébé bien dégagé. Attention, la maman ne doit pas être laissée seule si elle risque de s’endormir)

  • Laisser faire le bébé et attendre sa ‘montée en compétence’. En effet, tout de suite après sa naissance, le bébé va se mettre à chercher le téton de sa mère. C’est un moment de grande vigilance du nouveau-né. Il va alors s’éveiller et être guidé vers le sein par son odorat.

  • Ne pas presser le bébé, ne pas le forcer s’il n’est pas prêt à téter. Un bébé qui vient de naitre ‘sort tout juste de table’ puisqu’il était encore alimenté via le placenta et le cordon ombilical quelques minutes auparavant. Il tétera naturellement quand il sera prêt. (attention, je n'inclus pas ici les bébés nés prématurément).


9. Le lait maternel est indispensable à la vie des prématurés


Les bébés nés prématurément, quel que soit le degré de prématurité, sont nourris au lait maternel ! Comme évoqué plus haut, les grands prématurés n’ont malheureusement ni la force ni la ‘capacité’ à téter le sein de leur mère. Par ailleurs, il se peut que la maman ne dispose que de peu de lait dans les premiers jours suivant la naissance. Pour palier à cela, les prématurés sont alors nourris grâce à des dons de lait réalisés auprès des lactariums. Ce lait est analysé, sélectionné, pasteurisé et enrichie en fonction de l’âge et des besoins spécifiques du bébé. En effet, les prématurés ont des besoins nutritionnels très importants pour poursuivre leur croissance mais ils ne peuvent ingérer qu'une petite quantité de lait... C’est pourquoi le lait doit impérativement être fortifié, les fortifiants étant adaptés d’une semaine à l’autre, parfois d’un jour à l’autre, selon l’évolution de l’enfant.


10. Le partenaire a un rôle essentiel à jouer


Le choix d’allaiter ou non est un choix très personnel. Si vous avez décidé d’allaiter exclusivement votre bébé au sein, vous pourriez peut-être penser que votre partenaire risque d’être exclu de la relation avec votre enfant. C’est une inquiétude fréquente chez les jeunes mamans. Mais, finalement, prendre soin d'un nouveau-né ne se résume pas uniquement à le nourrir. Le changer, le bercer, le porter, le promener, lui donner le bain etc. sont des moments qui sont tout aussi importants pour son éveil et son développement. Et les bienfaits de l’allaitement sont tels pour la mère et le bébé qu’il serait dommage de passer à côté par peur de ne pas laisser l’autre parent trouver sa place. Par ailleurs, même si votre partenaire ne nourrit pas directement votre enfant, sachez que son rôle dans la réussite de l’allaitement est crucial ! L’allaitement demande énormément d’énergie, de temps, d'attention à la maman et cette dernière a besoin d'un soutien solide. Par ailleurs, il est indispensable qu’elle soit bien nourrie, bien hydratée, bien reposée et détendue pour pouvoir produire une grande quantité de lait. Alors, messieurs, soyez au chevet de votre femme car en prenant soin d'elle vous prenez aussi soin de votre bébé.



Sources de cet article :


Ces dernières semaines, j’ai suivi avec un immense plaisir une formation sur l’allaitement offerte par le programme ‘Pédagogie Numérique en Santé’ (PNS). Ce dernier a pour objectifs de contribuer à la formation des professionnels de santé et/ou de sensibiliser le grand public à des sujets liés au domaine médical, comme l’allaitement ou encore la contraception, la ménopause etc. Si vous êtes intéressé(e)s par ces Moocs gratuits, rendez-vous sur www.pns-mooc.com


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